Situation géographique

Origine

Au début du 18ième siècle, un chérif au nom de Mouhamadou Lamine AÏDARA vint s’installer sur un emplacement herbeux, à mi-chemin entre Goumba Nguéoul et Kébémer précisément à quatre (4) kilomètres de Kébémer.

Il fit une tente sous un baobab où les bergers avaient coutume de se reposer en dégustant les fruits de l’arbre. Une bonne femme la teinturière du village  faisait son « khémé » (indigo) avec les coques des fruits (Wouy).

Mouhamadou Lamine AÏDARA n’eut aucune peine à s’installer.

Homme pacifique, paisible et pieux, et finit par se faire aimer de tous, aidé en cela par une bonne réputation de bon homme de Dieu dont les prières, vœux et souhaits à Dieu étaient toujours exaucés. Il ne se trompait jamais, toutes ses prédictions furent réalités. La teinturière s’appelait CENEBA Sarr.

Très respectueusement, elle avait mis sous le baobab et à la disposition entière du Marabout, un canari d’eau pour ses ablutions. En ces lieux poussait pendant l’hivernage une variété d’herbes communément appelé « SICK »)

Comme chacun parlait des prouesses et des pouvoirs du Marabout, sa renommée fit le tour des villages environnants et chacun demandait à le voir. Pour toute indication précise de l’endroit, ceux qui le connaissaient, disaient le Serigne de « Gouye Cenaba SARR Thia Sick Babacar ». Tout le monde connaissait le baobab ou Cenaba pratiquait son métier de Thioub à l’indigo.

Avec le temps et les déformations linguistiques et phonétiques, l’appellation se réduit au strict minimum tout en gardant la précision, on obtient « Serigne Cenaba SECK » qui deviendra plus tard « Thiénaba SECK ».

Cependant une deuxième version nous rapporte que « Thiénaba viendrait de « THII NABI » qui deviendra « THIA – NABA » c’est à-dire « du prophète – ceux du prophète »

A cette époque n’être pas Thiédo et être dans l’islam était si rare qu’il devenait un trait distinctif pertinent.

Un nouveau village était né, un nom était crée, l’homme venu de ganar (Mauritanie) se nommait Chérif MOUHAMADOU LAMINE SECK AIDARA.

Le Chérif était en compagnie d’une suite nombreuse qui l’entourait d’attentions toutes particulières et le considérait comme un saint.

Il prêchait avec une éloquence persuasive et procédait en milieu « THIEDO » à des conversions massives.

De par sa vie exemplaire et le climat de piété qu’il sut créer autour de lui il finit par avoir beaucoup de fidèles sur qui il eut beaucoup d’autorité. Un jour, un de ses fils vint le chercher pour le ramener en Mauritanie, un fils du nom de MESSAOUD AIDARA qui finit par s’établir aux lieux et place de son père.

Mouhamadou ne voulant pas retourner et laisser derrière lui tous ceux qui croyaient en lui, dit à son fils de rester pour qu’il puisse retourner auprès de sa famille.

Situation géographique

Il existe au Sénégal sept (7) localités portant le nom de Thiénaba

  1. Thiénaba Cadior (Kébémer) 1829
  2. Thiénaba SECK (entre Thiès et Khombole) 1882
  3. Thiénaba Gossas
  4. Thiénaba TIOTY
  5. Thiénaba Khabâne
  6. Thiénaba Sine
  7. Thiénaba Thiabé

La ville la plus connue de tout est sans conteste le gros village de cinq milles habitants (5.000) à 85km de Dakar sur la route nationale de Diourbel, entre Thies et Khombole d’où le Khalif général préside aux destinés de la confrérie des Tidjianes de Thiénaba.

C’est en 1882, au retour de la Djihad islamique auprès de Cheikhou Ahmadou BA, et après être séjourné successivement dans le Saloum, à Piroum Ndary et surtout à Ndiayane qu’Amary Ndack vint se fixer à cet endroit situé aux confins, à cette époque, du Baol et du Cayor. Il baptise le village Thiénaba en souvenir de Thiénaba Cadior fondé par son grand-père Mouhamadou Lamine AÏDARA de la tribu des DEWAYLI de Mauritanie.